l\'indigné

Article sans titre

 

Dans l’émission de daniel Mermet sur La Bas.orgLa Finance imaginaire La finance, mon adversaire n'a pas de visage et elle ne se présente pas aux élections". Pour le chercheur Geoffrey Geuens, cette phrase prononcée par François Hollande lors de son meeting du Bourget est emblématique du discours politique dominant qui oppose marché financier et Etat, deux entités sans chair et sans visage . Oui, la finance a un visage, oui l'Etat a un visage et c'est souvent le même !

Le mardi 27 mars 2012

Rebondissement dans l’affaire Areva-UraMin : le double jeu de Daniel Wouters

C’est l’homme clef de l’affaire UraMin, cette start-up de prospection minière dont le rachat par Areva, à l’été2007, afait perdre plus de 2,5 milliards d’euros au groupe nucléaire. Depuis ce fiasco, Daniel Wouters a quitté Areva, recevant au passage une confortable indemnité. Fait surprenant, il travaille aujourd’hui pour… les fondateurs d’UraMin. Ceux-là même qui ont touché le gros lot en revendant leur société à Areva. Explications.

Daniel Wouters était entré chez Areva fin 2006 comme responsable du développement et des acquisitions de sa division mines. Le CV de ce financier belge avait été transmis par Olivier Fric, consultant indépendant et mari d’Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva.

C’est Daniel Wouters qui a mené toutes les négociations avec les vendeurs d’UraMin, cette société cotée à la Bourse de Toronto et domiciliée aux Iles Vierges Britanniques, comme en témoignent les nombreux documents paraphés des initiales DW, dont Capital.fr a pu se procurer des copies.

Qu’est devenu Daniel Wouters depuis ce fiasco, qui a entraîné dans les comptes d’Areva 2011 une perte historique de 2,4 milliards, dans un contexte de fort soupçon d’escroquerie ?

D’abord, il a démissionné du groupe à l’arrivée du nouveau président, Luc Oursel, en juin 2011. Mais selon nos informations, son salaire lui a toutefois été versé jusqu’au 31 décembre, et il a reçu en prime une confortable indemnité de 700.000 euros. En échange, il a dû signer une clause de confidentialité lui interdisant de s’exprimer sur le dossier UraMin. De quoi rassurer les membres du directoire et du conseil de surveillance d’Areva, ainsi que ses administrateurs (dont le directeur de l’Agence des participations de l’Etat), qui ont tous validé l’OPA sur UraMin.

Ce n’est pas tout : il apparaît aujourd’hui que Daniel Wouters est resté très proche des fondateurs de la sulfureuse start-up, qui ont touché le jackpot en la revendant à Areva.

En effet, le financier belge est aujourd’hui président exécutif de Global Tin Corporation. Cette micro-société, domiciliée dans le paradis fiscal de Guernesey et ayant pour objet la prospection d’étain au Congo, a pour actionnaire le canadien Stephen Dattels, co-fondateur d’UraMin. Comme en témoigne la plaquette de Global Tin Corp., son deuxième administrateur s’appelle Ian Michaël Burns. Ce Britannique est le directeur financier de Polo Resources, la holding présidée par Stephen Dattels. A noter que le co-président de Polo Resources est Neil Herbert, ex-directeur financier d’UraMin.

Cotée sur le marché alternatif de Londres (AIM), spécialisé dans les petites sociétés, Polo Resources contrôle des dizaines de start-up de prospection minière, toutes enregistrées dans des paradis fiscaux. Son unique objectif semble être d’attirer des investisseurs en Bourse en leur faisant miroiter d’hypothétiques découvertes. Une pratique connue de longue date dans les milieux miniers, dont Areva a malheureusement été une victime de taille.

Dommage que le récent rapport d’information sur le groupe français présenté par le député PS Marc Goua n’ait pas jugé utile de creuser cette piste de l’escroquerie.

Rappelons, enfin, que lorsque Daniel Wouters a été embauché par Areva, il était alors au chômage. Ancien de la banque Belgolaise, où il était chargé des investissements miniers en Afrique et notamment en République démocratique du Congo (ex Zaïre et ex Congo belge), le financier belge venait, en effet, de perdre son job lorsque sa banque, rachetée par le groupe Fortis, avait été liquidée à la suite de la découverte de nombreuses malversations. Selon nos sources, le procès en correctionnelle dela Belgolaise et de plusieurs de ses dirigeants, poursuivis pour blanchiment et trafic d’armes, s’ouvrira à Bruxelles au mois de mai.

Olivier Drouin

Source Capital Voir aussi Président nous voilà ! Président nous voilà ! / France Inter, Direct – France Inter, Coluche, crises et présidents

 

La mainmise des marché financiers

La mainmise des marché financiers

17 Septembre 2011 Par Vivre est un village

 

L'accroissement de la dette publique repose sur le fait que les États européens sont obligés d'emprunter sur les marchés financiers. En France, une réforme de la Banquede France est votée en 1973 sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou (1). Elle interdit au Trésor public d'emprunter directement à la banque de France à des taux d'intérêt nul ou très faibles.La Banque de France ne peut donc plus financer les déficits publics par de la création monétaire. Le gouvernement français est dès lors obligé de faire appel aux marchés financiers, c'est à dire à des banques privées, et ce à des taux d'intérêt relativement élevés.

 

Deux raisons militent pourtant pour que la collectivité puisse maîtriser ce pouvoir de création monétaire. La première est qu'une économie qui se développe exige une quantité de monnaie supplémentaire pour permettre l'investissement net, et cela en sus des sommes provenant de l'impôt. La seconde est que l'investissement public joue un rôle décisif pour réorienter les activités afin d'assurer un reconversion écologique de l'économie tout en répondant aux besoins sociaux. Cependant, la création monétaire n'est pas sans risque, notamment en matière d'inflation. Le risque est d'autant plus grand qu'un gouvernement peut être tenté d'y avoir recours au lieu de prendre des mesures impopulaires pour sa base électorale, comme celle d'accroître les recettes fiscales. La maîtrise de la politique monétaire suppose un contrôle démocratique de tous les instants.

 

Ces raisons et cette dernière condition sont aux antipodes des dogmes néolibéraux. La loi de 1973 n'instaure pas un contrôle démocratique sur la création monétaire ; au contraire, elle en supprime toute possibilité pour le financement des déficits publics, et elle met les gouvernements entre les mains des marchés financiers. Il s'agit d'un acte fondateur (mais destructeur), dans la mesure où il permet l'emprise des marchés financiers sur les États. Cette disposition sera intégralement reprise lors de la création dela Banquecentrale européenne (BCE). L'article 101 du traité de Maastricht (2) qui figure à l'identique dans le traité de Lisbonne, indique ainsi : "Il est interdit àla BCEet aux banques centrales, aux autorités régionales, aux autres autorités publiques (3)." L'UE se place donc volontairement au service des marchés financiers.

 

On le voit, l'accroissement de la dette n'a rien à voir avec une quelconque explosion des dépenses publiques - cette prétendue "préférence pour la dépense publique" que dénonce le Medef et le gouvernement - , mais tout à voir avec les politiques néolibérales menées depuis plus d'un quart de siècle. Ce sont la réduction des recettes et la politique monétaire combinée au recours aux marchés financiers qui sont à la source du gonflement de la dette publique, et ce avant m^me l'éclatement de la crise financière.

 

(1) Loi n°73-7 du 3 Janvier 1973

(2) Il s'agit du traité instituant la communauté européenne.

(3) Article 123 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne

 

Source : Le piège de la dette publique, comment s'en sortir, éditions LLL réf : ISBN 978-2-918597-29-2 Auteurs : Jacques Cossart : ancien économiste dela Banque mondiale, Jean-Marie Harribey : économiste, Esther Jeffers : économiste, Pierre Kahlfa : porte-parole de l'Union syndicale Solidaires, Antoine Math : chercheur à l'Ires (Institut de recherches économiques et sociales), Evelyne Dourille-Feer : économiste, Michel Husson : économiste à l'Ires (Institut de recherches économiques et sociales), Dominique Plihon : économiste, Eric Toussaint : président du CADTM-Belgique (Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde).



30/05/2012
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 32 autres membres